Djanel’Ange: la musique, rien que la musique.


Un peu mannequin, parfois actrice et (carrément) super chanteuse. Deux ans ont suffi. Après Romantic Rebel (RR) et Bunda BB en 2018, ce nouveau décollage passe le mur du son. Djanel’ange n’a jamais eu de temps à perdre. Collages perpétuels. Cette fois, « Mwana Popi » tient d’un endroit incertain, couplage non dolby entre les anneaux de Saturne et les âmes vagues du fleuve Z. Attachez vos ceintures.

Effectivement, la môme carbure au speed. Un moment, elle écrit pour la téloche, comme assistante de Jennifer Soobhug. Et puis sa frangine à concours Airtel. Elle a 20 ans et le jury hallucine carrément. Tout comme son premier producteur, qui pensait avoir à faire avec une gamine bien sage. Erreur. Fatale erreur. Djanel a le feu et ses titres carburent de même. Plus question de lever le pied, elle espère juste trouver le bon conducteur. Une prod’ qui pige sa zique, et soit prête à tailler l’espace.

Interview / Son premier album s’appelait Romantic Rebel et ça lui ressemblait plutôt bien. Djanel’ Ange mixe les contraires. A l’image de Kinshasa, la belle et la sordide, dans le grand tourbillon du fleuve Zaïre. Elle est en train d’enregistrer son dernier single « Sugar ». La vie, comme l’amour, c’est pas du sucre.

Nos maisons nous ressemblent. Tu nous décris la pièce dans laquelle on va discuter ?
J’habite un quartier tranquille de Kinshasa, dans les collines. Pas mal d’artistes ont choisi ce cadre, c’est loin du bruit. Ensuite, je dirais que  c’est clean. Les choses super rangées. Une chambre, un salon, ma musique et moi. C’est un choix. Tu opères des choix dans la vie, il faut être clair avec soi, avec les gens, et aller au bout.

Tu as commencé très tôt la musique. J’ai retrouvé un document où tu disais qu’à huit ans, tu avais un groupe…
Ca s’appelait « Ghetto Child ». Oui. Ensuite c’est un peu plus compliqué. Disons que j’ai bossé à droite et à gauche et que je ne trouvais pas de place pour la musique. Chaque fois, c’était la même chose, des horaires impossibles, des patrons qui ne te respectent pas. Je rentrais KO, je m’endormais devant la télé. Ensuite, j’ai trouvé un job où je pouvais être libre à 15 heures. Sur le papier. Le type voulait que je m’investisse sept jours sur sept, jusqu’à 22 heures. J’ai tout plaqué.

 » Je ne laisse pas le son aller au bout. Peut-être que ça devient plus dur. Romantique, mais avec une violence intérieure, un son afro, qui a grandi dans la rue.« 

Dans cette exigence musicale, il y a une personne dont tu sens très proche ?
Je vais dire mon grand-père, Kwamy. Il était dans la rumba et les liens avec la musique cubaine. Cet homme voyait très loin. J’ai retrouvé un titre, ça s’appelle « BBB », et ça te met la chair de poule. Il parle de la mélancolie du pays, du départ forcé, de l’exil au nom du dieu fric. Et puis il est mort. Pour moi, c’est évident. J’allais continuer la chose, j’avais une sorte de responsabilité.

Comment tu définirais aujourd’hui ta touche personnelle ?
C’est difficile de parler de soi. Je me rapproche d’une artiste comme Sade, un flow assez comparable, mais moi je coupe… Je ne laisse pas le son aller au bout. Peut-être que ça devient plus dur. Romantique, mais avec une violence intérieure, un son afro, qui a grandi dans la rue.

Elle est comment cette rue congolaise ?
J’aime mon pays. Il y a certainement un moment où je vais devoir partir, mais j’aime tellement ce pays. C’est l’exil dont parlait Kwamy. Il faut se donner une chance. De venir en Europe, au printemps, c’est un premier pas. Mais je voudrais tellement rester en même temps.

On a eu longtemps l’impression que tout venait du Congo. Certains artistes ont une signification énorme, et des jeunes aussi comme Alesch…
On a envie d’être optimiste. Il y a beaucoup de talents, mais… c’est comme partout en Afrique. Je veux dire qu’on représente le pays, on porte une fierté, mais rien n’est fait pour nous. D’être sur un panneau publicitaire, c’est compliqué. De trouver une salle, c’est compliqué. Il n’y a pas de droits d’auteurs, jamais de télé, ou alors tu payes. Il y a juste les fans qui te permettent d’exister. Jamais, tu ne seras une artiste reconnue. C’est pour ça, l’exil.

« Il y a juste les fans qui te permettent d’exister. Jamais, tu ne seras une artiste reconnue. C’est pour ça, l’exil.« 

Cet après-midi, tu fais quoi ?
Je vais me faire les ongles et mes rastas. Ensuite, je pars en studio. On va écouter ce qui a été fait pour mon prochain single. Ça s’appelle « Sugar ». Ça parle de l’amour (rire).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :