Ysatis Kokolo: ce soir, j’ai décidé d’être…

Ne lui demandez pas comment tout a commencé. C’est inutile. Ysatis a la couture dans les gênes. C’est cousu au plus profond, comme un frou-frou génétique. « Je pense tout simplement que j’ai grandi là-dedans. Ma mère cousait, mes oncles sont des sapologues. Le Bachelor, tonton Jocelyn, a même sa boutique dans le 18ème. Et tous continuent à me soutenir. Depuis toute petite, il y a eu ce goût de l’élégance. On mettait tout là-dedans. On se ruinait pour ça. » N’empêche qu’en se lançant dans les études de mode, sa décision n’a pas fait l’unanimité. Est-ce bien sérieux la mode ? Et puis le milieu, franchement louche, ces mœurs, ces garçons qui n’en sont pas… Triste réputation. « C’est vrai que mes parents étaient plutôt sceptiques. Mais c’était ce que je voulais faire. » Quatre ans rondement menés, et au sortir l’envie de dire, de coudre, des choses.

En septembre dernier, Ysatis Kokolo présente sa toute première collection. C’est à Courbevoie, méga salle et Orange qui mettait l’éclairage. Quinze modèles, hommes et femmes, sur le thème de l’ancienne Egypte. Quinze créations que l’on pourrait dire… étonnantes. Pas de tissus africains, pas de bogolan et de raphia, mais un choix très sophistiqué, inspiré des tenues françaises, 18 et 19ème siècle.

«  Une femme noire peut également s’habiller comme une reine. Porter des robes de reine, et être totalement convaincante. « 

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« Durant mes études, j’ai été très inspiré par le dandysme. Il y avait une façon de se mettre en valeur qui n’existe plus. Par exemple ces tailles cintrées pour les hommes. Et puis la « robe à la française ». Ensuite, j’ai repensé à ce que ma famille considère comme incontournable, c’est-à-dire une tenue de soirée. Il faut être unique. On dépense des fortunes pour ça. Et bien je voulais rendre cette somptuosité accessible. »

Mais pourquoi ce choix d’une coupe tellement européenne ? Après tout l’élégance est autant africaine, des robes en matières locales, dans une inscription continentale… « Oui, mais c’était une façon aussi de casser les codes. On imagine très bien une femme européenne dans un tissu africain. Et bien une femme noire peut également s’habiller comme une reine. Porter des robes de reine, et être totalement convaincante. » Black is Power !

Au fond, cette collection précieuse, inspirée par des baronnes romantiques, avec des enfants (noirs) sur des canapés de velours, habillés comme de jeunes princes (blancs), c’est une déclaration… révolutionnaire. « Nous sommes libres de nous habiller comme ça nous chante. Et si j’ai envie d’être une princesse… » Une collection est comme un voyage. Cette fois, Ysatis Kokolo a choisi ce retour aux siècles derniers. Juste une escale, sourit-elle. Elle a déjà quelques petites idées derrière la tête. « Je pense à ce que je vais faire demain. Avec du bogolan, des rajouts de raphia, en gardant mes coupes asymétriques. Peut-être, j’irai aussi du côté de l’Inde. Les saris sont très beaux aussi. » Voyages, voyages…  

R. Calmé
Photos Ysatis

Tél. : 06 38 98 32 13
Facebook : https://www.facebook.com/ysatis.stylistemodeliste
Instagram :
@la_maison_ysatis

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