Sandrine Nzinda Kissina: la table à partager

Il y a deux mois encore, elle corrigeait ses menus, vérifiait ses livraisons et répondait aux appels du client. Sandrine est une jeune femme habituée au feu. En cuisine, rien ne traîne, au propre et au figuré. Il faut enchaîner. « Un DG à la trois, un nyambwé à la cinq ! » Et tout allait remarquablement bien. Son concept culinaire, lancé en janvier 2018, est original, et d’une gourmandise au pluriel.

Comme elle le résume, avec conviction : « Je pense que la table est un vrai lieu de rencontre. Mon idée était de proposer autour de ce plaisir de la nourriture, un voyage dans une culture. Ça peut être gourmand, mais aussi culturel, ça peut également être un lieu de rencontre pour des gens qui veulent voyager ou faire des affaires. »

La table et ceux qui s’assoient autour
On ne pouvait pas mieux commencer. Kissina, comme on l’appelle, a frappé aux bonnes portes. Elle a commencé par aller voir Alexandre Della Ola, « Moussa l’Africain ». Il est l’un des chefs qui a beaucoup contribué à médiatiser la gastronomie du Continent. Des artistes ont également été associés, et des membres de la diplomatie sont venus évoquer les régions. Jusqu’à des stylistes qui ont présenté des pièces de leurs collections. Ce fut  le cas du Cameroun, puis du Sénégal et enfin d’une soirée (très haut de gamme) avec l’Unesco. Bref, Kissina tient la bonne recette. Les lieux sont beaux, les intervenants de qualité, et l’assiette irréprochable.

« Ça peut être gourmand, mais aussi culturel; ça peut aussi être un lieu de rencontre pour des gens qui veulent voyager ou faire des affaires. »

« Il y a un an, j’ai pensé que cette notion de cuisine  africaine fédérait beaucoup de choses. Nous avions envie de la faire connaître, chacun à notre façon, et nous avions besoin d’avoir une visibilité. » Pourquoi ne pas se rassembler et créer un groupe, autour d’un Facebook ? Il s’appellera « Traiteurs Afro ». En quelques semaines, plus de 300 membres, professionnels pour la plupart, l’ont rejointe.

 » C’est le moment de montrer de l’entraide. On a réfléchi à ce qui était le plus pratique (…) Le système de la tontine apparaissait le plus adapté. »

Et puis… « Il y a deux mois, les événements ont commencé à être annulés. Les restaurants ont tous fermé. Pour beaucoup d’entre nous, la situation est devenue très précaire. » Remboursement d’emprunts, loyers, charges professionnelles ou privées, stock achetés, périmés, mais restant à payer… comment faire face ? « C’est le moment de montrer de l’entraide. On a réfléchi à ce qui était le plus pratique. Comment recevoir rapidement de l’argent ? Le système de la tontine paraissait le plus adapté. Des tontines accessibles, avec des montants bas, qui permettraient dans l’urgence de faire face. »

Très vite, une dizaine de chefs ont adhéré. La solidarité s’est également manifestée de façon spontanée. Des dons d’argent et la mise en place d’une collecte, pour que ces adresses puissent survivre. Il y a quelques jours, un hebdo panafricain a également appelé. Des reportages qui remettent de la lumière. La table ne doit pas rester vide.

Une tontine, pour venir en aide aux restaurateurs et traiteurs africains

R. Calmé
Photos Voyages culinaires (Stanley studio 77)
Facebook : https://www.facebook.com/kissinakissina

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :