Aïcha Sylla: demain, si je veux…

La vie est trop courte pour n’en avoir qu’une seule. C’est cette idée (très raisonnable) qu’Aïcha Sylla défend. Métier, passion, lieu de vie, il suffit parfois d’un rien, pour que la porte s’ouvre. Exemples à l’appui !

La première question qu’on a envie de te poser, est de savoir si tu as toujours été ainsi. C’est une vie assez instable que tu suggères…
Voilà exactement ce que l’on m’a toujours dit. J’avais des tas d’envies, je passais d’une chose à l’autre et la famille me prenait pour une gamine… instable. Et je culpabilisais. Les gens comme il faut, ont une vie, et ils s’y tiennent. Et puis un jour, une biographie me tombe entre les mains. Un roi, qui avait eu un parcours assez mouvementé. Là je me suis dite : cet homme, on a vraiment beaucoup à raconter sur lui. Et toi Aïcha, si demain on devait écrire sur toi? Dis-moi, que pourrait-on raconter ?

Dans notre vie quotidienne, on met toujours un éclairage particulier sur le travail? Si on prend ton exemple, le résultat était satisfaisant…
Déjà, il faut revenir sur la notion même du travail. Non, ce n’est pas tout. Le temps passe et tu te rends compte que tu n’as pas vu grandir tes enfants. Que ta vie de couple s’est dégradée. Est-ce une réussite ? Pour prendre mon exemple, je vivais selon un rythme assez particulier. Avec des temps pleins et des périodes creuses, tous les 4 à 6 mois, des zones de silence. C’était très… douloureux. Et là je me suis dit, « tu vas en faire quelque chose. Ce n’est pas de la douleur, c’est une chance. Tu as du temps. » Le projet que j’avais, devenait alors réalisable.    

Tu nous en dis deux mots ?
J’avais envie que des gens, comme nous tous, des gens de tous les jours, nous disent ce qu’ils avaient décidé un jour de changer dans leur vie. Une chose qu’ils entreprenaient, par passion, par raison, et qui bifurquait radicalement. Mais une décision prise sans rupture, sereinement, une envie construite. Et j’allais les enregistrer, les filmer et le montrer à d’autres personnes, pour leur dire : « Vous voulez faire quelque chose ? Osez. C’est possible. » En somme, la vie qui se réinvente. Plusieurs vies en une seule. Des vies qui évoluent, sans drame, qui se remettent en place… ou choisissent d’autres places.

Ce sont les taches ménagères qui me pesaient, mais l’obligation horaire, la restriction de mes libertés…

Tu peux nous donner un ou deux exemples?
Pour une fois, c’est un homme, l’histoire de Franck Vlehi, le mari d’une amie. Il a fait de brillantes études, c’est un très bon comptable. Parcours irréprochable… Aujourd’hui, il est réalisateur. Canal + lui a commandé une première fois une série de vingt-six épisodes sur « Les Coups de la vie ». L’une des interviews explique son virage.  

Ce sont des choses assez exceptionnelles. Mais dans la vie de tous les jours?
Il y en a de toutes sortes. Je pense à Athanase Herluc. Elle vient de sortir ce livre « De poinçonneuse du métro à conseillère municipale ». C’est extraordinaire, sa vie. Cette décision de se mettre au service de sa commune. Au service des autres. Et pour finir d’être conseillère municipale. Une passion véritable, hors de son travail, pour la vie de sa localité.

Ces interviews sont porteuses d’un message ?
Je veux m’attacher à des rôles modèles. Je peux avoir une grande admiration pour Michelle Obama, mais ce n’est pas notre monde. Ceux qui m’intéressent sont nos voisins, on les croise dans la rue. Ces femmes lisent… Amina. Et elles veulent croire en elles. Elles veulent s’inventer une biographie (sourire). C’est parfois très concret, parfois il y a de la fantaisie, mais surtout ça se finalise. Je veux le montrer.

Justement, comment rendre visibles ces personnes qui en général restent dans l’ombre ?
Le projet est là. J’ai commencé à réaliser quelques vidéos et l’idée sera dans les prochains mois de diffuser, par exemple sur une web télé. L’année 2020, ce sera de faire adhérer un maximum de personnes à cette philosophie « Il n’y a pas qu’une seule vie.. ». Il ne s’agit pas d’offrir à ces personnes des moments de gloire, mais de rendre visibles leur parcours et de convaincre ainsi qu’on peut le faire. Et je réfléchis aussi à des ateliers, des « stories telling », autour d’une femme qui se raconte. Ce ne sont pas des gens ordinaires. Ils inventent leur futur.

Recueilli par R.C
Contact : https://www.latest.facebook.com/pg/ChichaChatotheCha/posts/
E-Mail : syllaicha22@gmail.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :